Bolivie : passé et présent dans le changement
miluskaya
03 Feb 2009 14:49 GMT
(translated by miluskaya)
L'Amérique Latine vit actuellement un processus de grandes transformations qui ont mis en scène comme protagonistes de ces phénomènes sociaux, politiques et économiques de nouveaux acteurs. Ceux-ci ont surgit depuis les communautés indigènes et originaires, les quartiers, les marchés, les chômeurs, et constituent une population à grande diversité ethnique et culturelle, dont on note une grande participation de jeunes et de femmes.
La Bolivie n'est pas en marge de ce processus, qui depuis l'an 2000 secoue les fondations du système néolibéral. En octobre 2003, la Bolivie a vécu une insurrection sociale qui a changé la situation politique du pays, imposant un agenda qui vise à reconfigurer l'Etat en luttant face à la brèche de plus en plus profonde entre les riches et les pauvres et les hauts niveaux d'exclusions socio-culturels et politiques.
Ce processus d'accumulation historique s'est étendu jusqu'aux mobilisations de mai et juin 2005, donnant lieu aux résultats des élections présidentielles de 2005 (la victoire électorales de Evo Morales), qui ont abouti à l'Assemblée Constituante.
Et à partir de cette nouvelle reconfiguration des forces politiques et sociales se sont initiées une série d'actions de déstabilisation et violence raciste, en janvier 2006 notamment à Santa Cruz, Potosi, Tarija et Beni, et plus récemment Sucre (pendant 2006 et 2007, et le 24 mai 2008) et El Porvenir (septembre 2008).
Depuis l'installation de l'Assemblée Constituante à Sucre le 6 août 2006 se sont succédés une série d'actes violents, racistes et discriminatoires, encouragés principalement par les moyens de communication et financés par les représentants de Média Luna (Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija), qui ont su utiliser leur pouvoir économique et politique dans ces régions afin d'absorber peu à peu la confiance des autres.
Dans le cas de Sucre, ces faits ont dramatiquement polarisé les secteurs urbains, de classe moyenne et populaire, contre les secteurs ruraux, indigènes et ceux qui s'identifient au processus de changement bolivien, non seulement depuis l'intérieur du pays, sinon dans le département de Chuquisaca, situation qui a des répercutions jusqu'à aujourd'hui.
Après toutes ces confrontations, l'Assemblée constituante à finalement terminé son travail dans la ville de Oruro, ou il a approuvé le texte de la Nouvelle Constitution Politique de l'Etat. Ce projet a souffert une dernière modification de comptabilisation entre les forces politiques du pays pendant le Congrès National en octobre 2008, et ce sera ce texte qui sera soumit au vote populaire.
La scène politique qui se présente dans cette seconde étape du processus constituant pour le Référendum National Constituant 2009, correspond de nouveau à une époque de confrontation dans le pays. Ceci avec la particularité que les secteurs de droite (à tendance fasciste) sont en train de se fragmenter, même s'ils essaient de bloquer le processus de changement auxquelles les organisations sociales et populaires de la société civile ont participé le 25 janvier, date qui ouvre une nouvelle époque de transition possible dans le contexte des demandes historiques des mouvements sociaux boliviens.
Les différents médias sont en train de réaliser les évaluations de la journée et des résultats qui commencent à se projeter pour tout le pays (comme par exemple pour le Chuquisaca dont on évalue 51% en faveur du Projet de Constitution contre 49% de non).
Au niveau national les projections des médias soutiennent qu'il y aurait 60% de votes en faveur de la Nouvelle Constitution, et 40% d'opposés. Ces évaluations non officielles ne prennent pas en compte les votes provinciaux et des communautés rurales de notre pays, qui inclinent certainement la balance de vote de la population bolivienne en faveur du processus de changement, comme on pu le noter lors des journées électorales antérieures.
Ce Référendum National Constituant 2009 s'est caractérisé par une absence presque totale d'incidents contre les droits des votants à Chuquiesaca, mais on dénombre tout de même un numéro infime de réactions. La propagande du NON qui a été réalisée pendant toute la journée dans les différentes zones de la ville de Sucre a débouché sur une altercation qui s'est produite dans une province de notre département. Il semble que cette altercation ait été provoquée par la préfète de Chuquisaca, Sabina Cuellar qui avait tenté de désorganiser le processus électoral, notamment lors d'une discussion à la province de Yamparaez.
D'autres faits ont tenté d'obscurcir cette journée, notamment au niveau de la Presse et du droit à l'information. Les journalistes de Radio ACLO Chuquiesaca et de Radio Sucre ont parlé d'actes visant à « empêcher (cuartar ndt) la liberté de communication et d'information ». Le directeur de Radio Sucre à mentionné que le câble de son antenne à été détruit. Heureusement les techniciens ont rapidement détecté et résolu le problème. D'autre part ACLO Chuquisaca s'est plaint de troubles sur ses lignes téléphoniques (pas de tonalité) pendant la matinée. Le problème a été résolu vers 9h du matin.
Finalement, pour conclure cette journée, en plein discours de la préfète Sabina Cuellar, un individu a menacé un correspondant de Indymedia Sucre, demandant une supposée « impartialité » (qui dans ce cas signifie -ou tu es de notre côté ou tu es ennemi) dans le traitement médiatique. Ces faits n'ont évidemment pas étés médiatisés par les médias privés de la ville de Sucre.
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