Nucléaire: perturbation du pseudo-débat

 
Le 22 janvier au palais de Beaulieu à Lausanne, l'Office Fédéral de l'Energie organisait une "consultation publique" sur le stockage des déchets nucléaires, dans le cadre d'une "campagne offensive" visant à faire accepter le plan de stockage en couches géologiques profondes. Puisque nous refusons d'assister passivement à cette mascarade "citoyenne", nous avons perturbé la conférence des experts pendant environ 20 minutes.

le soleil qui dit non merci au nucléaire
le soleil qui dit non merci au nucléaire
le tract
le tract
Cette "consultation populaire" était si mal annoncée que seule une petite trentaine de personnes était présente, en plus de nous-mêmes (une quinzaine de personnes) et des bureaucrates de l'OFEN. Nous avons interrompu bruyamment le message de bienvenue, renversé les micros, distribué les tracts expliquant notre refus, et engagé le débat avec toutes les personnes présentes, renversant ainsi la disposition experts-spectateurs (digne d'un congrès du parti communiste!)
Malgré les multiples appels au dialogue citoyen et à l'écoute passive de la part des conférenciers et des spectateurs (écologistes ou non), nous avons pris la parole pour affirmer que cette opération de propagande n'allait nullement nous faire croire que l'Etat avait l'intention d'assumer son irresponsabilité en matère de production d'énergie. Loin du factice consensus helvétique, nous avons pu jeter un pavé dans la mare de ce spectacle nucléariste, avant de nous en aller sans écouter leurs arguments que nous ne connaissons que trop bien.
Un reportage a été diffusé le lendemain au journal du matin à la radio RSR, décrivant les évènements, où la stratégie de communication de l'OFEN est décrite comme un "flop" total.

Voici le texte de notre tract et le tract lui-même:

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Avant de les enfouir, arrêtons d'en produire.
Si un plan d'enfouissement des déchets nucléaires est accepté, on nous assènera que « le problème des déchets est réglé » (alors qu’il est insoluble) pour justifier la construction de nouvelles centrales. Leuenberger a déjà apporté sa caution au chantage « nucléaire contre CO2 ». Nous ne voulons ni l’un ni l’autre.

Nous exigeons un arrêt immédiat des centrales nucléaires.
Le risque de catastrophe nucléaire majeure en Suisse est tabou. Pourtant, une centrale vantée par l'AIEA comme une des plus sûres du monde (Forsmark en Suède) vient de frôler l'accident majeur le 25 juillet dernier, dans une social-démocratie aussi prospère et « vertueuse » que la Suisse, ce qui montre une fois de plus que le risque zéro n’existe pas.
En cas d'accident majeur, il faut s'attendre non seulement à de nombreuses victimes et à une contamination de longue durée, mais aussi à une suspension des libertés accompagnant les déplacements de population, semblable à un état de guerre. Cette prise de risque est inacceptable.

Croissance et soutenabilité sont incompatibles.
La filière nucléaire ne produit que peu de CO2, mais elle est polluante de l’extraction de l’uranium au démantèlement des centrales. Seuls les déchets radioactifs y sont durables, alors que le combustible s’épuise vite.
Notre modèle de société industrielle basé sur la croissance économique compte sur un apport d’énergie illimité. Tant que la croissance continuera, les nuisances collatérales ne cesseront pas d’augmenter, et aucune solution à la question énergétique ni aux questions environnementales ne sera satisfaisante et durable. Mais on continue à nous faire miroiter l’illusion d’une énergie illimitée, gratuite et « propre », pour produire des milliards d’absurdités : iPods Nano, dispositifs sécuritaires, prothèses biotechnologiques…

Quand les croyances sont rentables, il est utile d'investir dans le catéchisme démocratique...
Tout en amusant les journalistes et les citoyen-ne-s avec ses « forums », le Parti nucléariste progresse. Après les grossières manipulations qui ont mené à sa victoire en votation en 2003, il a fait supprimer le droit de veto pour les cantons-sites de dépôts radioactifs dans la nouvelle loi sur l'énergie nucléaire (LENu). Maintenant, le but de cette « consultation » est clairement de neutraliser de futurs référendums en faisant croire que c’est la population qui propose des solutions.
Plus on nous parle de transparence, plus les décisions sont en fait prises par des experts à la solde de l’industrie et de l’Etat. D'où ces gens tiennent-ils l'autorité pour nous embarquer dans un délire de plusieurs millénaires?

Bref, le but ici n'est visiblement pas de faire un choix de société mais de nous intégrer à une décision déjà prise. Il apparaît que le nucléaire est incompatible avec une démocratie effective.
C'est pourquoi nous rejetons ce simulacre de consultation.

du fond des couches géologiques profondes,
la Contre-Offensive 2 réanimation antinucléaire autonome (CO2-raa)

homepage:: http://switzerland.indymedia.org/

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