Eco-autoconstruction sauvage à Lausanne

 
La construction d'une maison en bottes de paille a commencé vendredi 24 août au centre-ville de Lausanne. Le chantier avance vite, mais les autorités ne le voient pas d'un bon oeil... Les coups de main sont bienvenus!

Des photos ici:  http://ch.indymedia.org/fr/2007/09/52084.shtml
et ici:  http://ch.indymedia.org/frmix/2007/09/52167.shtml

Le collectif S'traw d'la Bale a occupé une partie inutilisée du parc situé derrière l'Espace Autogéré, av. César-Roux 30, pour construire une maison en bottes de paille. Le plancher et les murs de paille ont été montés en 3 jours, et la construction du toit est bien avancée, grâce aux nombreuses personnes qui sont venues y participer. La municipalité de Lausanne a déjà demandé la démolition avant la fin de la semaine, mais le chantier se poursuit.
Le but est de réaliser une habitation urbaine autonome avec phyto-épuration (déjà en cours), toilettes à compostage, récupération d'eau de pluie, installation photovoltaïque. Le tout collectivement, en mixité hommes-femmes, sans salariat, avec le moins possible de spécialisation.
L'occupation sauvage est aussi une manière de dénoncer la spéculation foncière qui rend possible des prix du terrain supérieurs à 1000.-/m2, les banques qui empochent les intérêts, les normes favorables au lobby du béton, bref à l'impossibilité de construire bon marché.
Bizarrement, Lausanne se vante de sa politique de "développement durable" (comme tout le monde) mais dès qu'une expérimentation réellement inovante (techniquement et socialement) se crée hors de son contrôle, on tente de la tuer dans l'oeuf.
Plus on sera de fous et de folles, mieux on réussira à montrer que l'autonomie est possible, que la ville peut échapper à la loi du fric, que l'exploitation de la planète n'est pas une fatalité! Viens toi aussi autoconstruire avec nous!

xxxxxxxxxxxx

Communiqué au sujet de la maison en bottes de paille rue César-Roux 30 bis, 31 août 2007

Considérant :
- Le rôle central de l’habitat dans la notion d’écologie (oikos = maison en grec).
- L’explosion spéculative des prix du terrain, excluant la plupart des alternatives sociales et abordables.
- Le manque durable de logements et l’élévation des loyers, permis notamment par l’adaptation des loyers au prix du marché.
- La réticence intéressée des milieux immobiliers et bancaires vis-à-vis de la construction écologique (matériaux, économies d’énergie, architecture intégrée à l’environnement biologique)
- L’imminence de la crise énergétique, due à la croissance économique exponentielle et à l’épuisement des ressources fossiles (pic pétrolier).
- Le changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre, enfin incontestable mais toujours pas enrayé, croissance oblige.
- L’augmentation générale des nuisances accompagnant ce mode de vie industriel.
- L’extrême lenteur de l’évolution des pratiques constructives, l’inertie des normes et des lois, accentuées par les groupes d’intérêt qui profitent des pratiques actuelles
- La dépendance extrême des individus à ces groupes d’intérêt qui les exploitent, notamment dans le domaine de l’immobilier.
- L’incapacité des institutions à considérer que leur but devrait être de ne plus être nécessaires… c’est-à-dire d’encourager l’autonomie, comme un médecin devrait viser à ne plus avoir de clients.

Etant persuadé-e-s de la nécessité urgente :
- De concevoir des habitats intégrés dans les cycles biologiques (matériaux de construction, eaux usées, excréments et combustibles) comme alternative à ce mode de vie insoutenable.
- D’une culture d’auto-organisation et d’entraide indépendante comme fondement de changements sociaux en profondeur.
- D’acquérir des connaissances et de l’expérience hors du salariat pour libérer les énergies créatives des individus.
- De la diffusion massive de savoir-faire suffisamment simples pour être accessibles à tou-te-s, pour la satisfaction autonome des besoins vitaux.
- De prendre nos vies en main sans la peur permanente de l’insécurité.

Nous avons choisi :
- D’occuper ce terrain car l’urgence de la situation considérée ci-dessus de se résoudra pas en respectant les règles qui y ont amené.
- D’y construire une maison en bottes de paille enduites de terre et de chaux, soit des matériaux locaux, recyclables et économes en énergie grise.
- De relier cette maison à une phyto-épuration et à des toilettes à compostage, pour le traitement biologique des eaux grises et des excréments.
- De construire sur pilotis, d’éviter de couler la moindre dalle de béton, pour n’avoir aucune empreinte définitive sur le terrain.
- De le faire en ville pour être visibles et avoir un maximum d’échanges avec les gens intéressés par les principes d’autonomie et d’écologie radicale.
- De faire de ce chantier un grand échange de savoirs, appuyé par des professionnel-le-s, en mixité hommes-femmes, avec le moins possible de spécialisation.
- De ne pas démolir avant d’avoir fait aboutir notre expérience.

Le collectif Straw d’la Bale


homepage:: http://switzerland.indymedia.org/ read more: http://ch.indymedia.org/demix/2007/09/52080.shtml

add a comment on this article

Félicitations

JB Thévard 24.Sep.2007 09:33

Un grand bonjour d'approche-paille et nos félicitations pour ce projet rebelle, qui nous rappelle qu'en Suisse, même si c'est difficile, l'action militante est présente. La construction en paille, est un bon moyen que d'être visible dans les médias...

Je vous souhaite bon courage pour la suite des festivités (je pense en particulier aux enduits à réaliser avant les gelées) et vous avez tout notre soutien francophone & militant.

JB

www.approchepaille.fr